professeur bakomba

La Salle Nouvelle Saison de l’I.N.A. (Institut National des Arts) était bien trop petite vendredi 16 octobre. S’y pressaient, autorités académiques de l’I.N.A (avec à leur tête le Professeur Yoka Lye, directeur général), enseignants, membres du personnel administratif, étudiants, mais aussi de nombreux professionnels de théâtre anciens de l’I.N.A; et de l’INAS (l’école secondaire d’application de l’Institut National des Arts). Tout ce beau monde était venu rendre un hommage mérité au Professeur Donatien Bakomba Katik Diong, ancien directeur général de l’I.N.A., décédé à Bruxelles le 9 octobre dernier d’un arrêt cardiaque, à 76 ans, et dont les obsèques avaient lieu au même moment, ce vendredi 16, à Bruxelles.

Homme de spectacle et ‘‘homme-spectacle’’

Bakomba Katik Diong avait été, entre 1974 et 1976 d’abord, puis de 1983 à 1986 le directeur général de l’I.N.A. Bien plus, entre le début des années 70 et 1988, il avait œuvré comme enseignant à la Section art dramatique de l’I.N.A., formant quelques générations d’étudiants-artistes. Bakomba est né à Bondo-Mayoyo dans l’actuelle province du Kwilu, le 23 janvier 1945 et il était l’un des tout premiers enseignants de l’I.N.A. à avoir fait des études théâtrales (c’était à l’Université Catholique de Louvain).
Prenant le premier la parole, l’actuel Dg, le Professeur Yoka Lye, a décrit Bakomba comme un vrai passionné de théâtre qui a joué de nombreuses pièces avec ses étudiants ; « c’était un homme de spectacle avant tout, et en même temps un homme-spectacle lui-même », a-t-il ajouté. Les témoignages d’anciens étudiants sont du reste venus corroborer ces affirmations en les agrémentant d’anecdotes croustillantes sur Bakomba-metteur en scène ou comédien.

Inoubliable Bakomba…

Le Dg Yoka a par ailleurs évoqué les travaux scientifiques de Donatien Bakomba Katik dont beaucoup ont eu pour sujet ‘‘la palabre africaine’’ que le disparu a toujours considérée comme le socle d’un théâtre authentiquement congolais et africain, même si ce n’était pas une hypothèse unanimement soutenue par tous les chercheurs. Une autre des facettes de la personnalité du directeur général défunt c’est que cet homme savait accueillir anciens étudiants et anciens collègues de passage en Belgique où il a vécu de nombreuses années : son hospitalité était devenue légendaire. Mais son attachement pour les siens et pour l’I.N.A. se manifestait aussi par ses passages à l’Institut National des Arts, à chacun de ses séjours au pays. C’était devenu une sorte de pèlerinage pour le belgicain.

Un message depuis Maputo

Pour sa part, le directeur de l’Observatoire Africain des Politiques Culturelles rattaché à l’Union Africaine et ex Dg de l’I.NA. lui aussi, le Professeur François Mbuyamba Lupwishi, a noté, dans un message émouvant – envoyé depuis Maputo pour cet hommage de l’I.N.A. au professeur Bakomba –, les préoccupations de celui-ci « à promouvoir les méthodes de transmission et de contrôle des connaissances par l’interaction des techniques modernes de l’art de la scène et les savoirs éprouvés de la tradition africaine ». François Mbuyamba invitait par ailleurs « les promoteurs, les créateurs et les entrepreneurs de l’art et de la culture du centre du Continent, en particulier les apôtres de l’art de la scène, à s’engager, à s’affirmer, à relever le défi de retrouver la vigueur des temps anciens et de défricher des terrains nouveaux toujours en attente avec rigueur, compétence et dans la fidélité à l’Afrique ». Mbuyamba Lupwishi concluait son message en félicitant l’Institut National des Arts pour l’initiative de la cérémonie d’hommage à Bakomba.
Ce qui est sûr, c’est que la communauté de l’I.N.A. n’oubliera jamais son ex directeur général, le professeur Bakomba Katik Diong : le bel hommage qui lui a été rendu vendredi 16 octobre 2020 l’aura bien montré.

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